Chapitre 9 : l'antre de Morfessa

Les portes dévoilèrent aux mangemorts l'ancienne forteresse qu'un jour une mage noire du nom de Sirgouîn bâti sur le domaine du vent. Théodore Nott avait le souffle coupé par ce qu'il voyait. Deux tours, à la base hexagonales, construites dans une matière qui lui était inconnue, métalliques, gris bleuté, s'élevaient de la paroi granitique. Elles encadraient une entrée qui menait dans les entrailles du mont rocheux. Au dessus avait été sculpté un portique, inquiétant, effrayant, démoniaque. On y distinguait les représentations hideuses de créatures oubliées, des âmes soumises à la damnation éternelle. Le jeune homme était parcouru des frissons glacés que lui procuraient ce lieu maléfique. Il tenta de se rappeler que, en tant que mangemort, il faisait lui aussi partie des forces du mal. Un coup d'oeil à ses compagnons lui apprit qu'il n'était pas le seul à être... quoi ? Terrifié par la figure centrale. Il s'agissait d'une monstrueuse face, anguleuse, toute en longueur. Elle était si noire, comme si elle absorbait toute la lumière qui passait trop près de ses filets impitoyables, Sa gueule ouverte semblait prête à aspirer l'essence du magicien intrépide qui se serait aventuré jusqu'ici; à moins qu'elle ne recrache des feux tout droit venus de l'enfer. Ses yeux étaient constiutés de deux éclats d'albâtre sertis, d'une blancheur machiavélique. Ils fixaient les intrus, au point que les mangemorts avaient l'impression qu'ils fouillaient les profondeurs obscures de leur âme.

Le seigneur des ténèbres fit signe aux mangemorts de s'arrêter. Il s'avança face aux portes inquiétantes et s'arrêta lorsqu'il ne fut plus qu'à un mètre. Il brandit sa baguette en direction du monstre de métal. Un faisceau de lumière améthyste jaillit et vint en cône encercler le gardien de l'antre. De ce dernier s'échappa un volute noir aux reflets de lave, qui vint absorber le rayon lumineux, faire barrage au déferlement de photons. Les deux forces s'affrontèrent avec pour unique but d'anéantir l'autre.

porte noire, voldemort lutte contre le gardien

Combien de temps dura ce combat de volonté ? Combien de temps les mangemorts sentirent la magie noire se déchirer devant cette lutte sans merci? Théodore ne pourrait jamais y répondre, hypnotisé par ce fantastique affrontement qui se jouait sous ses yeux. Il n'était plus effrayé. Il avait dépassé les frontières de la peur. Il ne voyait plus que ce sorcier qui tenait en respect le flot cauchemardesque de la créature, et qui à chaque seconde gagnait quelques millimètres, sans jamais faiblir. Le nuage caustique reculait sans cesse et enfin rentra dans la gueule d'où il avait tantôt jaillit. Le démon poussa un terrible hurlement, lugubre et déchirant, puis la gueule se(re)ferma dans un fracas métalliques La figure sembla s'incliner devant Voldemort qu'elle reconnaîtrait désormais comme son maître. Enfin le passage vers les profondeurs s'ouvrit.

"Nous allons pénétrer dans les souterrains. Les deux premières parties ont été aménagées et il n'y a rien à y redouter à présent si ce n'est de si perdre. Mais il y a ensuite un réseau de grottes naturelles. Là vivent encore des créatures d'autres temps. Il vous faut à tout prit rester groupés."

Les mangemorts s'engouffrèrent sous la colline. Ils parcoururent dans un premier temps des couloirs, dont le revêtement était fait dans le même alliage que les tours. D'étranges globes disposés tout les cinq mètres dispensaient une lumière crue, presque aveuglante. Les pas raisonnaient sur le sol métallique, dans le silence qui régnait au sein des mangemorts. Il passèrent devant de nombreuses portes faites dans une matière étrange. On aurait dit qu'elles étaient organiques Des espèces de veines ou ossatures sombres supportaient une membranes laiteuse. Théo en effleura une du bout des doigt et fut surpris par l'étrange contact qu'il perçu. Il avait l'impression de toucher la surface d'une étendue d'eau immobile, tant c'était doux et lisse. Dans le même temps, une douce tiédeur s'en échappait, un léger tremblement agitait la porte. Il n'y avait pas de mécanisme apparent d'ouverture.

Le groupe poursuivit sa progression dans les entrailles du fort. Ils quittèrent le métal pour la pierre taillée. Des torches maintenant éteintes devaient servir à éclairer les précédents habitants. Des baguettes sortirent des poches et les mangemorts avancèrent à la lumière des lumos. Mieux valait ne pas allumer les torches avant de d'avoir vérifié qu'elles n'étaient pas piégées.

L'humidité se faisait de plus en plus saisissante. Les parois devenaient de plus en plus poisseuses. Théo aperçut ça et là des taches vaporeuses blanchâtres : du salpêtre, ingrédient qui entre dans la fabrication de la poudre noire. Il y avait encore quelques portes, en bois désormais, miraculeusement épargnées par les dégâts que peuvent provoquer une hygrométrie trop importante combinée à un long temps sans soin. Mais Théo avait beau chercher, il n'y avait pas de trace de moisissure ou de pourriture.

En fait la seconde partie des souterrains se composait principalement d'un dédale de couloirs fangeux à travers lesquels les menait Voldemort sans jamais hésiter sur la voie à suivre.

Enfin ils arrivèrent dans la dernière et tant redoutée partie : celle encore restée sauvage. Ils entrèrent dans le monde caverneux des stalagmites et des stalactites brillantes de calcite. Les baguettes ne les éclairaient que sur quelques mètres, mais au bruit de leurs pas, Théodore devina qu'ils se trouvaient dans une salle aux dimensions titanesques. Puis ils pénétrèrent un boyau délimité par des rangées de concrétions calcaires faisant désagréablement penser à des dents.

Il crût percevoir un bruit de sussions provenant d'une ouverture vers d'autres tunnels peut-être. Le jeune homme se resserra un peu plus contre le groupe de sorciers.

Nott se demanda quelle folie avait traversés la tête de Voldemort d'établir son QG en un lieu si maléfique. En effet il n'y aurait plus à redouter les aurors, puisqu'ils se feraient tous dévorer par la faune (ou la flore) locales!

"Par la suite, nous nous installerons dans les tours. Il faudra aussi baliser les parties souterraines qui peuvent être réutilisées. Ne soit pas si pessimiste Théodore, tu feras peut-être partie des quelques uns qui ne se feront pas dévorer par un des charmants habitants du monde minéral"

Théodore choqué, manqua de percuter une stalactite qui s'était traîtreusement placée sur son chemin. Voldemort ne venait-il pas de faire un peu d'humour?

"Pour ceux qui sont inquiets comme notre cher Nott, sachez qu'il n'y a aucun danger tant que vous resterez proche de la surface, dans des lieux suffisamment éclairés. Les êtres qui vivent ici sont effrayés par la lumière."

Longtemps, trop longtemps pour le pauvre Nott, ils progressèrent dans le labyrinthe naturel évitant les stalactites trop basses, les stalagmites trops hautes les irrégularités du sol rocailleux. Plus d'une fois, un mangemort glissa sur une pierre humide. En temps normal, les rires moqueurs de ses pairs auraient accompagné sa chute. Les bruits suspects qui se faisaient parfois entendre, un grondement éphémère, un hululement furtif, le craquement d'un os ou d'une carapace sous la pression d'une mâchoire bien garnies les en dissuadaient. Seul Lord Voldemort semblait être parfaitement indifférent au monde inquiétant qui les entourait.

Enfin ils arrivèrent face à un immense pan rocheux parfaitement lisse. Il n'y avait aucune aspérité, aucune imperfection. On eu dit qu'il était fait de cristal. Le seigneur des ténèbres traça une arabesque dans l'air en murmurant une incantation à voix basse. Le pan disparut.

Une immense salle recouverte elle aussi de ce métal étrange apparut. Il s'agissait d'un dôme d'une vingtaine de mètres de diamètre. Les murs était nus. Rien ne troublait la monotonie de la pièce en dehors d'une étonnante gemme qui l'éclairait faiblement d'une lumière de jade. Placée au centre, flottant au-dessus d'un gouffre sans fond, une sorte de barrière, de couronne l'entourait à mi-hauteur. Des faisceaux lumineux émeraudes les reliaient dans un échange constant d'énergie. Théodore sut qu'ils se trouvaient à présent au coeur de la forteresse, là où était l'essence du gardien. La pierre veillait, alimentait peut-être cette fantastique construction.

"La gemme protège le domaine. Elle va maintenant vous mémoriser afin de vous laissez passer ultérieurement et ainsi vous autoriser l'utilisation des installations."

Lord Voldemort s'avança vers le joyau et sortit des pans de sa cape un petit objet noir que Théodore ne put identifier. Il le plaça sur la barrière qui l'aspira.

La gemme se réveilla, irradiant la pièce de ses aveuglants rayons. Chaque mangemort fut traversé, fouillé par un faisceau qui devenait blanc à la fin de chaque inspection. Théodore fut effleuré par un délicat souffle qui lui courrait le long des muscles, le long des veines. Un léger frisson, un léger fourmillement qui sinsinuait au plus profond de son être. Puis il y eu à nouveau un éclair blanc, et la pierre passa à un autre mangemort. Lorsque se fut le tour de Rogue, le blanc final prit une teinte électrique si imperceptible que le jeune Nott le mit sur le compte de son imagination.

Enfin la pierre acheva son inspection et retourna dans son sommeil.

Le mage noir s'adressa alors aux mangemorts pour une dernière fois :

"Désormais vous serez ici en sécurité, tant que vous respecterez la moindre de mes instructions naturellement. Ceux qui sont poursuivis par le ministère viendront s'installer dans la tour est dès demain. Tenez vous tous prêts à répondre à mon appel. Maintenant partez. Sauf toi Severus"

Voldemort vit avec soulagement les mangemorts transplaner. Cette soirée l'avait épuisée tant magiquement que nerveusement. Il avait risqué très gros en décidant d'installer les mangemorts ici. Seul il était déjà venu il y a deux mois après avoir enfin réussi à localiser l'ancien fort de Sirgouîn. Elle l'avait construit sur les ruines du refuge d'un mage supérieur, jouissant ainsi de nombreuse protections déjà en place, qu'elle avait par la suite enrichi.

Jedusor avait mis près d'une semaine pour vaincre les maléfices majeurs, traverser le dédale minéral et parvenir jusqu'au coeur, jusqu'à...

"La pierre de Fal, déclara Severus admiratif, je croyais qu'elle avait était détruite à la mort de Morfessa."

Voldemort hocha de la tête. La pierre mythique alimentait des installations d'une technologie dépassant le savoir actuel. Elle avait donné sa grandeur au mage supérieur Morfessa, magicien ixil ayant vécu mille ans avant Merlin. Il était réputé pour son savoir immense qu'il avait accumulé au cour d'innombrables années. Grâce à ce savoir, il avait dompté l'énergie primitive de la pierre de Fal et érigé une antre imprenable. Il fut considéré comme invincible. Il était craint, il était puissant. Tant de pouvoir enivra son esprit, embua sa raison et peu à peu il tomba dans une folie dévastatrice, convaincu cependant d'agir pour le bien de tous. On disait que le pouvoir corrompt et Jedusor était de cet avis. Il se savait corrompu et avide de pouvoir et ne voyait aucune raison de changer. Le mal et le bien n'était rien face au pouvoir. Il ne se leurrait juste pas en disant lutter pour une cause noble alors qu'il n'agissait que pour assouvir sa soif de pouvoir. Il défendait une idéologie de sang pur, mais son but premier n'en demeurait pas moins la domination. Il n'y avait simplement pas de contradiction entre ces deux objectifs.

Il observa Rogue qui contemplait religieusement la pierre et se rappela qu'il était lui aussi resté hypnotisé un certain temps lorsqu'il l'avait enfin atteinte. Il était ensuite resté deux semaines durant afin de déchiffrer ce qui pouvait l'être dans la forteresse et enfin s'était mis en quête de la clé de reconnaissance qui lui permettrait de réveiller la gemme, ainsi que des sorts nécessaires au passage d'un groupe de sorciers et à l'asservissement de l'intelligence protectrice. Il était bien plus facile de pénétrer ici seul qu'accompagné et s'il avait été accepté il n'avait alors pu s'imposer comme maître. En repensant à sa recherche il réprima mentalement une grimace au souvenir de son passage chez le mage supérieur Bleis. Il espérait ne plus jamais avoir affaire à lui. Mais il doutait que cette volonté soit exaucée.

La mise en oeuvre de ces maléfices et son combat contre le gardien de l'entrée l'avait drainé de son énergie et il lui avait fallu toute sa volonté de mage noir pour ne montrer aucun signe de fatigue devant ses serviteurs. En vérité il avait apprécié que Nott soit présent. Lire dans les pensées du jeune homme s'avérait très distrayant et revigorant. Non, décidément le poète n'aurait pas à craindre pour sa vie à cause de ses penchants lyriques. Du moins tant qu'il amuserait Voldemort.

Finalement le professeur de potion interrompit sa contemplation.

"C'était donc cela que vous faisiez durant ces trois mois, vous cherchiez l'antre de Morfessa. Et vous y êtes parvenu, ajouta-t-il sur un ton admiratif.

-Oui, répondit les seigneur des ténèbres, mais ce ne fut pas sans mal, reconnut-il.

-Bleis avait l'activateur.

-Hélas.

-Et il vous l'a cédé ? Je croyais que...

-Severus, le coupa Jedusor, il y a certaines choses que je dois taire à ce sujet. Tu en sauras plus en temps voulu.

-Bien, maître.

-Maintenant il faut que j'en sache plus sur la mort de Dumbledore. Il t'a supplié avant de mourir, mais ce n'était certainement pas pour que tu l'épargnes, cela ne lui ressemblerait pas

-Il voulait que je le tue" déclara Rogue.

Voldemort hocha de la tête. Voilà qui ressemblait plus à ce vieil excentrique.

"Pourquoi ?

-Il se savait mourant, répondit le mangemort peut assuré. Et...

Il marqua une pause, hésitant.

-Et, reprit-il, il était au courant pour le serment.

-Tu lui en avait donc parlé ?"

Rogue acquiesça, mal à l'aise. Le seigneur des ténèbres, écoutait songeur. Alors il poursuivit, cherchant ses mots pour ce qu'il avait à décrire

"Mais il y a plus. Il m'a dit un soir, que lorsqu'il mourrait, il... il atteindrait un état de conscience... supérieur, d'où il pourrait nous voir sans pour autant agir"

-Je vois de quoi il parlait."

Et je vois ce que cela implique. Tu savais ce qui se tramait, vieux fou.

Voldemort l'observa un instant, de son perçant regard de braise.

Il avait deplus en plus besoin de pouvoir utiliser les médallions. Poour cela il devait,pour l'heure, passer par l'ixil. Et même si son ego peinait à le reconnaître, Voldemort était conscient du fait que Rogue était meilleur que lui dans l'art de préparer et d'inventer des potions. Aussi s'adressa-t-il à Severus plutôt que de tenter lui même l'expérience.

"Est-il possible de faire une potion permettant de brider les pouvoirs d'une ixil sans provoquer une crise d'hystérie ?demanda-t-il, changeant brusquement de sujet.

-D'une ixil? fit le mangemort pour le moins surprit. Je ne crois pas qu'il en existe une. Personne ne s'y est réellement intéressé.

-Mais peux-tu en faire une? demanda Voldemort qui commençait à perdre patience.

-oui maître, je vois ce qu'il faut faire. Mais je ne peux garantir qu'elle marchera du premier coup. Et elle s'accompagnera probablement d'effets secondaires chez l'ixil tels que confusion, céphalée...

-Ces effets sont loin d'être indésirables, commenta pensivement le mage noir

-Mais pourquoi une ixil? Je veux dire ils sont tellement...

-Quoi? imprévisibles? sanguinaires? Quand cessera-tu de poser de questions Severus?

-Pardon maître, mais...objecta le mangemort

-Tu penses que je veux reformer le duo un sorcier un ixil? Ce n'est pas mon intention, sinon je ne t'aurais pas demandé une potion pour brider ses pouvoirs.

Jusqu'au milieu du siècle les sorciers adeptes des arts noirs s'associaient souvent à un ixil. Leur manière d'interférer sur la magie était complémentaire : le sorcier utilisait des objets et des formules, l'ixil ressentait la magie de manière plus instinctive.

"C'est que Les ixilik sont tellement instables. Et j'ai entendu dire qu'ils avaient un nouveau meneur.

-Qui t'en a informé ? questionna le mage noir subitement intéressé.

Comment Rogue avait-il eu accès à une information que la grande majorité des sorciers

ignoraient en ayant passé le dernier mois isolé, exilé, coincé dans la forêt?

-Dumbledore. Il me l'as dit la veille de sa mort. Il était très préoccupé.

-T'a-t-il dit son nom? que savait-il à se sujet?

-Ce n'est pas pour rien que les furtifs se nomment ainsi (nda : ixil signifie furtif en basque). Non la seule chose qu'il m'a dit c'était qu'un nouvel ixil avait fédéré les autres."

Décidément il devrait vraiment poser des questions à Mende Kaldi. Il s'en réjouissait d'avance... Et dans ce cas, quelques doloris ne ferait qu'envenimer les choses. À moins que...

-Mêle du veritaserum à la potion.

-Mais maître, objecta l'ancien professeur

-Quoi ?

-le veritaserum ne fonctionne pas sur les ixilik.

Oups! vive la crédibilité! Voilà pourquoi il détestait tant demander une nouvelle potion à Rogue, il arrivait toujours un moment où l'ex-enseignant le rattrapait sur un détail. À soixante dix ans et avec de nombreux sorciers à ses pieds, il y avait de quoi se sentir légèrement irrité par la précision sourcilleuse de ce jeunot.

-Oui, bien sur, se rattrapa le seigneur des ténèbres. Il n'y a pas d'autre moyen de délier la langue d'un ixil?

-Une potion de patience maître? suggéra le mangemort.

-Prend garde à ce que je ne perde pas la mienne en ta présence Severus.

-Bien maître. Cependant, la confusion provoquée par la perte de ses pouvoirs peut affaiblir les barrières mentales de l'ixil.

-Quand sera-t-elle prête?

-Je ne peux rien vous garantir sur ce point là, concéda le maître de potion. En théorie la fabrication de la potion devrait prendre quatre ou cinq jours, mais je ne sais au bout de combien de temps elle agira véritablement, si elle fonctionne. Le problème pour l'instant c'est que je suis matériellement dans l'incapacité de procédé à sa réalisation.

-Demain tu pourras, Les frères Lagrange t'apporteront ce qu'il te faudra, déclara Voldemort.

-Il me faudrait aussi du sang de l'ixil. La voir serait encore mieux, mais je suppose que c'est impossible.

Le lord réfléchit. Si Rogue apportait son concours, il avancerait peut-être plus vite sur le moyen d'utiliser le médaillon, sans l'ixil de préférence. Dans le même temps, il ne pouvait faire entièrement confiance au maître de potion, il se souvenait du bref éclat métallique produit par la gemme lors de son examen signifiant que Rogue était un magicien particulier. Même ne lui donner qu'un peu de sang comportait des risques puisque, selon toute vraisemblance, c'était là que se trouvait la particularité de la clé. Néanmoins, le professeur était le dernier de ses mangemorts susceptible de le trahir au profit de l'Autre.

-Tu supposes juste, Severus. Quelle quantité?

-450 ml exactement pour commencer.

-Tu les auras.

Il les lui prendrai demain, après une bonne nuit de sommeil. Lorsqu'il serait frais et dispos, prêt à voir son stock de patience mis à mal. Juste avant de voir les mangemorts... Il y aurait probablement un incapable qui lui donnerait un prétexte pour lancer un doloris...

À nouveau le mage noir laissa perdre son regard dans les profondeurs émeraudes de la gemme, de ce cristal qui faisait de ce lieu une forteresse imprenable -du moins l'espérait-il.

"Dumbledore t'a-t-il parlé d'autre chose qui mérite mon attention"

Le mangemort réfléchit puis dit :

"Je l'ai vu un soir peu avant que je ne le tue. Il semblait perturbé, inquiet. Il marmonnait quelques paroles qui m'ont intrigué: "ils se réveillent" et "il les recherchera". Mais je n'ai pas pu savoir de quoi il parlait"

Des médaillons sans aucun doute. Ce qui signifiait que le vieux mage était au courant du talisman. Peut-être même possédait-il le sang qu'il fallait. "Il"? Parlait-il de Voldemort ou de Celui qui revient? Il était de retour au moment même où les médaillons sortait de leur sommeil. Ce hasard n'en était probablement pas un.

"Il a aussi dit "il doit les trouver""rajouta le mangemort.

Bon, le "il" n'était ni Jedusor ni l'Autre. Mais qui? Il devrait y réfléchir.

"Bien, tu peux y aller Severus"

Le mangemort s'inclina et transplana.

Alors qu'il rejoignait pour une dernière fois le cabanon où il logeait, Rogue repensa à son entretient avec le seigneur des ténèbres. La conclusion qu'il en tirait était que le mage noir était préoccupé par quelque chose de grave, de très grave même pour inquiéter à ce point les deux mages.