Chapitre 7 : Rassemblement des mangemorts

Tandis que Harry Potter découvrait avec joie son nouveau professeur de défense contre les forces du

mal, à des centaines de kilomètre de Londres, Théodore Nott et Drago Malefoy se promenaient en discutant dans une antique forêt d'ormes.

Théo aimait bien ce bois, il l'avait toujours considéré comme son territoire, son refuge. Il se rappelait ces innombrables journées passées à explorer les recoins les plus sombres, les plus inquiétants en ce lieu où la lumière ne parvenait que difficilement. Il s'y réfugiait lorsque son père devenait violent, après avoir abusé du wisky-pur-feu. Le jeune homme ne conservait que très peu de souvenirs de son enfance, avant son entrée à Poudlard, en dehors des troncs sinueux et des odeurs d'humus s'élevant du sous-bois. Sa mère était morte alors qu'il n'avait que quatre ans et son père, assez âgé, avait sombrait progressivement dans l'alcool, vivant des réminiscence du temps ou Voldemort terrifiait les îles Britanniques. L'entrée à Poudlard avait apporté un second souffle au vieux sorcier qui petit à petit s'était sortit de cette terrible et sournoise addiction qui touche aussi bien les moldus que les magiciens. Ainsi, lors de la quatrième année de Théo, le mangemort Nott était parfaitement sobre lorsqu'il retrouva son maître.

Il y un an son père avait été envoyé à Askaban, suite au fiasco du département des mystères. Lord Voldemort avait alors exigé que son fils le remplace. Le jeune homme n'avait pas d'attrait particulier pour les mangemorts -ni pour une quelconques autre organisation- mais la perspective de mourir dans d'atroce souffrance en cas de refus était un argument remarquablement convaincant. Il avait donc rejoint les rangs des serviteurs du mage noir. Il ne le trahirait pas, il ne le détestait pas. Il voulait juste vivre.

Théo s'était alors rapproché du jeune Malefoy. Certes ils se connaissaient depuis la prime enfance, mais c'était alors comme deux garçons du même âge dont les parents se fréquentaient. Puis Voldemort avait donné l'ordre à Draco de tuer Dumbledore et avait formellement interdit à Théo de participer : le jeune Nott ne devait pas se révéler à l'ordre du Dindon. Contre toute attente, Malefoy avait réussi sa mission; il était maintenant en fuite, ainsi que Rogue, pour l'assassinat de directeur de Poudlard. Théo les avaient alors caché dans une hutte forestière construite sur des vestiges du mur d'Hadrien qu'il avait découvert un jour, au cours de ses errances.

La forêt était le lieux le plus sûr qu'il connaissait : inquiétant aux yeux du profane, son aspect sombre et maléfique écartait les magiciens indésirés. Pourtant le jeune Nott s'y sentait parfaitement en sécurité, au milieu de ce bois magique. En effet, les Ormes ne devait leur survie présente qu'à la magie qui les avait protégé des moldu. Lors de la révolution industrielle, de nombreuses forêt furent rasées pour que l'homme puisse utiliser leur bois; aujourd'hui les Ormes ont quasiment disparue de la surface de l'Europe. Il ne reste que quelques milliers de leur représentant en France. Pourtant, ici près du mur d'Hadrien, subsistait une fantastique forêt que l'arrière grand-père de Théodore Nott avait protégé par un sortilège repousse-moldu, et quelques charmes anti-parasites.1

Le jeune homme classait les membres de sa famille en deux catégories : les belliqueux et les rêveurs. Les premiers étaient nettement plus nombreux et montraient un fort attrait pour la magie noire. Son père, mangemort de la première heure, en faisait partie. Les seconds vivaient souvent en solitaire, en décalage du monde. Son arrière grand-père étaient un dignes représentant des poètes. Et Théo? Il se sentait bien plus proche de son aïeul que de son paternel, mais il gardait cependant toujours un pied dans la réalité et n'était pas à Serpentard pour rien. Il faut parfois se méfier de l'eau qui dort...

Les deux jeunes hommes étaient à présent sur le chemin du retour, déambulant tranquillement sous les ramures séculaires, les pieds s'enfonçant avec douceur dans le tapis feuillu et odorant qui recouvrait le sous-bois. Leur baguette éclairaient leur pas, projetant sur les troncs des ombres mouvantes. Théo apprenait à Draco le savoir sylvestre : reconnaître les aulnes, ou le saule noir et tortueux, que l'on trouvait ça et là, dans les lieux humides où ils volaient péniblement un peu de place dans ce royaume ombreux des ormes, repérer les traces furtives d'écureuils, de chevreuils, d'hypogriphes (il y en avait quelques uns), nommer les oiseaux dont on entendait le chant amorti par l'épaisseur du bois. Ils aperçurent un scintillement mordoré dont le lointain : probablement une fée-demoiselle en quête de son chevalier. 2

Ce n'était pas là l'occupation caractéristique d'un mangemort, il est vrai, mais cela avait le mérite de changer les idées de son ami. Depuis un an, le jeune Malefoy était rongé par l'inquiétude, à raison. Devoir assassiner une personne que même Voldemort semble redouter était une chose déjà assez angoissante pour un jeune homme de dix-sept ans, mais être incapable de passer à l'acte au moment venu et devoir faire face à la très probable ire d'un tel maître avait de quoi faire paniquer. Surtout lorsque l'on devra bientôt faire face au jugement du dit maître.

Le lendemain de la mort de Dumbledore, le seigneur des ténèbres avait informé ses serviteurs qu'il allait s'absenter et qu'il reviendrait au début du mois d'août; en attendant, les mangemorts avaient ordre de ne rien faire : les aurors du ministère étaient en alerte.

Draco et Théodore arrivèrent près des vestiges d'un antique mur : il s'agissait d'une butte d'un mètre de haut d'où s'échappait quelques pierres taillées de la main de l'homme. Il longèrent ce reste de rempart qu'un empereur romain avait ordonné d'ériger. Ils arrivèrent sur les ruines d'un ancien guet. Ces tours de pierres brutes avaient été disposées de manière régulière tout le long du mur pour prévenir des invasions Pictes en provenance du Nord. Maintes fois ces barbares nus et tatoués avaient essayé, et parfois réussis, à bousculer la tranquillité et l'ordre de l'Empire. Hurlant leur sauvagerie et leur désire de rapine dans les belles villas comme dans les hameaux de cultivateurs besogneux. Les légions les ont repoussées chaque fois, mais un jours les défenseurs du mur sont partis. L'Empire était miné plus au sud par le désir fou d'autres peuples chevelus de s'y réfugier, d'abord, puis d'en confisquer les richesses et d'y tailler leur propre royaume. Entre quelques pans pierreux encore debout se trouvait une cabane de chasseur en bois. Il s'en échappait une lumière fluctuante dû à la flamme dansante de quelques bougies en cire d'abeille. Les deux sorciers pénétrèrent dans l'atmosphère confinée.

L'intérieur était rustique mais propre et sain. On avait chassé les insectes du plancher et des murs, vidé les habitants des toiles blanchâtre au plafond et dans les coins. Il n'y avait qu'une pièce, mais judicieusement aménagée, elle convenait. Trois lits, pour le professeur Rogue, Drago et sa mère avaient été superposé contre le mur à droite de la porte d'entrée par un sortilège de lévitation associé à un autre de glu. On les repliaient contre le mur la journée pour plus de place. Au fond se trouvait une cheminé dont le feu crépitant dispensait lumière et chaleur. Un fenêtre sur le mur gauche, orientée au sud. On avait aménagé des rangements sous le plancher, profitant du pouvoir isolant de la terre. Au centre se trouvait une table à laquelle était assis Rogue et Mrs Malefoy. S'ils survivaient au retour de Voldemort, ils l'isoleraient pour faire face au rude hiver de rigueur dans cette contrée.

Théo observa les adultes et se dit qu'ils avaient une mine presque aussi piteuse que Draco : de profondes rides leur mangeaient le visages, les traits tirés, des joues creusées par le souci et l'inquiétude quasi palpable.

Puis ce qu'ils redoutaient tant arriva : une brûlure sur l'avant bras gauche pour le maître des potions, une vibration dans la poche contenant le pièce d'appel pour les deux jeunes hommes. Ils n'avaient pas encore reçus la marque pour rester couvert. Les regards se croisèrent. Mrs Malefoy comprit et pâlit un peu, si cela était encore possible. On ne prononçait pas un mot. Le temps fut comme suspendu, un peu. Le crépitement des flammes accompagnaient le mugissement du vent glacial qui agitait les branches. La mère et le fils se dévisagèrent une dernière fois en silence, un instant, puis elle hocha tristement de la tête, résignée. Trois cracks sonores résonnèrent dans les ruines.

Les mangemorts arrivèrent sur un étendue herbeuse désertique plongée dans un épais nuage blanc. Le bas de leur robe noir s'humidifiait au contact de l'herbe drue et piquante. On distinguait à peine une triste et solitaire colline grisâtre qui se détachait furtivement dans le monotonie nimbeuse. Le croassement d'un corbeau se fit entendre, perçant le silence cotonneux. Un frisson parcouru les serviteur du mage noir. Qui ce soir allait périr?

Au milieu du cercle que dessinaient les mangemorts était le maître, le seigneur. Il dessinait une image irréelle, apparaissant à travers les nimbes d'albâtre qui semblaient se dissiper autour de lui uniquement, pour lui faire place. Sa cape noire flottait majestueusement sous la bise légère provenant de la mer. L'ébène sur l'ivoire. Bien que sa capuche dissimulait partiellement son visage à la pâleur cadavérique, deux rubis enflammées en illuminaient les profondeur obscures. Un à un, le seigneur de ténèbres brûla ses serviteurs de son regard de lave, marchant le long du cercle, laissant la terreur et l'excitation malsaine s'installer dans le sang de ses serviteurs, couler dans leurs veines. Puis il s'arrêta et chacun s'agenouilla et embrassa l'ourlet de la robe de Voldemort. Enfin il prit la parole, d'une voie claire, sifflante, aiguë.

« Soyez les bienvenus mangemorts. Un long mois durant, il m'a fallu m'absenter pour des affaires qui ne pouvait attendre. Vous aviez pour consignes de ne pas agir, de rester dans l'ombre. Certains d'entre vous s'interrogent. Pourquoi ne pas poursuivre notre terreur maintenant que l'un des principaux obstacles, Dumbledore (un frisson parcouru l'assemblé), a enfin été abattu? Pourquoi ne pas sortir et débarrasser la Terre de quelques parasites tels que les moldus? La raison en était évidente -vos amusement on vite fait de tourner à la catastrophe si je ne suis pas là- du moins le pensai-je. »

Lord Voldemort alla se placer devant une silhouette masqué qui fut prise de tremblements fébriles.

« Mais il semblerait que certains d'entre vous aient pensé qu'ils pouvaient passer outre les ordres de leur maître N'est-ce pas Avery? Toi et les frères Carrow vous vous êtes bien amusés à Bloomsburry? (il désigna deux emplacement vide dans le cercle) Et où sont-ils maintenant? »

Le maître laissa un temps mort faisant monter la terreur de son serviteur à son comble. Puis il reprit d'un ton cinglant.

« Ne répond pas, je connais déjà la réponse »

Voldemort se tourna vers le reste de l'assemblée

« Je vais vous dire où il se trouvent à présent. À Azkaban. Des aurors sont intervenus. Oui, cela arrive au ministère d'agir parfois »

Il fit de nouveau face au mangemort en disgrâce.

« Et tu leur as donnés l'occasion d'agir avec succès.

-maître, gémit Avery en tombant à genoux, je...

-endoloris »

Des oiseaux s'envolèrent, dérangés par les cris de douleur du mangemort s'élevant dans la lande opaque.

Voldemort cessa son sortilège.

« C'est ta dernière chance Avery. Ne la gâche pas, prévint-il, d'une voix glaciale. Et relève-toi, tu es pitoyable à terre, tu me fais penser à ces répugnants moldus. »

Le seigneur des ténèbres revint au centre du cercle, ignorant le serviteur endoloris qui se relevait péniblement.

« Néanmoins la plupart d'entre-vous ont respecté mes ordres. Dois-je en être étonné? Treize années durant vous êtes resté inactifs, alors un mois, qu'est-ce? »

Il reprit sa marche incessante le long de l'assemblé.

« Passons. Il y a un sujet plus important à traiter. La mort de ce très cher et au combien regretté (un rire ou plutôt un grincement traversa les mangemorts) Dumbledore. Les maîtres sorciers et confiseurs se lamenteront de ses astronomiques commandes de bonbons au citron. Mais bientôt ils danserons sous le doloris... Ah! mes amis que de perspectives nous offre sa mort! Et cela grâce

à... »

Voldemort se tourna dans la direction de Nott. Le jeune homme était encadré à sa droite par Rogue et à sa gauche Malefoy.

« ...Draco et Severus »

Un léger murmure d'excitation naquit dans les rangs. Tous attendaient le jugement avec une impatience mauvaise. Nott ne savait que trop que des paris circulaient sur le sort réservé à Draco et Rogue.

Voldemort s'avança vers le jeune Malefoy.

« Je dois avouer que je ne m'attendais pas à un succès si rapide. Non en vérité je m'attendais à un véritable échec et à te voir au mieux croupir à Askaban. Tes premières tentatives me donnaient raisons. Cette histoire de collier... Un plan qui aurait sans aucun doute échoué, même sans l'intervention de Potter. Toutefois lorsque l'on se retrouve au pied du mur, on se découvre parfois des ressources cachées. Il arrive qu'on parvienne à réaliser certaine chose que l'on supposait impossible, comme infiltrer plusieurs mangemorts. L'idée de l'armoire à disparaître était ingénieuse. Néanmoins... »

Le seigneur noir laissa sa phrase en suspend. Le bruissement provenant des mangemorts atteint son apogée. Cela devenait enfin intéressant. Les derniers paris étaient échangés. Certains se rétractaient sur la mort lente et douloureuse. Il était maintenant question du sort. Le doloris? Trop classique. Mais le maître savait faire preuve d'innovation dans ce domaine. Enfin on se tût. Alors Voldemort reprit la parole, chaque mangemort buvant alors le moindre de ses mots.

« Néanmoins, lorsque Dumbledore s'est retrouvé à ta merci, tu n'as pas su allait jusqu'au bout. Tu n'as pas su tuer. »

Lord Voldemort fit de nouveau face au reste de l'assemblé.

« Oui, mangemorts, il n'as pas réussi à prononcer ses deux petits mots si « innocents » (un rire macabre s'échappa des masque blancs). Il n'est pas parvenu à achever un vieux fou si horripilant. Et les moldus? (il se tourna vers le jeune homme, le brûlant de ses yeux enflammés) Arrivera-tu à tuer les moldus Draco? Ou aura-tu encore « pitié »?

-Maître... »

Théodore se mordit les lèvres, il avait remarqué que le châtiment arrivait lorsque le mangemort essayait de se justifier, ou de demander pardon. Il ne se trompait pas.

« Stridente audere »

Il vit son ami tomber à terre en hurlant, les mains plaquées sur les oreilles. Le seigneur des ténèbres leva sa baguette. Sa voix se radoucit.

« Cependant, il est difficile de trouver des mangemorts capable d'un peu d'ingéniosité. La capacité d'innovation est aussi précieuse que celle à tuer de sans froid. Tu as racheté ta famille, Draco. Tu es encore jeune, aussi je veux bien passer sur cette hésitation. Mais tu me corrigeras ça Draco, n'est-ce pas? Un mangemort pacifiste cela ferait désordre! » fit Voldemort avec emphase.

Le jeune Malefoy regagna avec maladresse sa place sous les grincements mangemoresques. Théo se dit que lui aussi ferai mieux de prendre garde à l'avertissement. Les poètes ne devaient pas être appréciés. Barbares!

Voldemort se tourna vers le maître des potions. Le jeune Nott jura percevoir un fugitif éclair amusé dans le brasier du mage.

La voix glaciale raisonna de nouveau dans la lande sauvage.

« Severus, celui qui tua Dumbledore. Tu pourras t'en vanter dans tes vieux jours mon ami »

À nouveau un murmure naquit au sein des mangemorts. Ceux qui avaient parié sur la mort de Rogue s'en mordaient à présent les doigts. Voldemort se tourna pour répondre au bruissement.

« Peut-être que certains d'entre-vous s'attendent à ce que je punisse Severus pour je ne sais quelle hypothétique désobéissance ou traîtrise. Il est vrai que je ne lui avait pas ordonné de tuer le vieux citronné. Mais je ne le lui avait pas non plus interdit. Cependant un tel acte m'a fait perdre un espion au sein de l'ordre du colibri. Cela est gênant, mais il y en a d'autres. Toutefois je sais que tu n'avais pas le choix. Quelques soient tes actes tu aurais quitter Poudlard. Vivant ou mort. Un certain sort... Draco, surveilles ta mère.

-Ou... oui maître » répondit le jeune Malefoy hésitant.

Théodore était surpris par la « clémence » du seigneur des ténèbres. Les paris chez les mangemorts étaient à dix contre un sur au moins un mort. Au lieu de cela, Draco ne s'était pris qu'un sort de torture, Rogue voyait ses actes justifiés . Voldemort semblait satisfait du fait que des mangemorts ait fait preuve d'initiative personnelle. Mais les tyrans ne préfèrent-ils pas des pions obéissant gentiment? Un autre point interrogeait Théo : Voldemort disait s'être absenté un mois. Soit. Mais aucun sorcier ne l'avait vu depuis trois mois, du moins à sa connaissance. Les ordres leur parvenaient par l'intermédiaire de leur pièce de communication, aussi appelée comlink, un système analogue à celui qu'employait l'AD pour organiser ses sessions clandestines. Où était-il pour ne pas pouvoir envoyer d'ordre à travers les comlinks? Quelles affaires avaient put le retenir aussi longtemps? En vérité l'étrange attitude de Voldemort inquiétait Théodore.

Le seigneurs des ténèbres revint au centre de l'assemblée et en balaya les membres de son regard de braises. Il sembla s'arrêter un court instant sur le jeune Nott, puis poursuivit.

« Je sais que certains se demandent quels sont les raisons de mon absence. Faîtes confiance à votre maître! N'est-ce pas Théodore? »

Aïe ! Il avait oublié l'avertissement de Rogue sur le fait que Voldemort était un puissant ligelimens. Mais le mage noir ne lui lassa pas le temps de répondre.

« Eh bien, il m'est apparu nécessaire, pour la suite de nos actions que nous ayons un centre de commandement où on puisse se rassembler et planifier la chute du ministère. Pendant deux années nous nous sommes retrouvés dans des lieux différents afin de ne pas se faire surprendre par les membres de l'oisillon rachitique. Ce faisant nous nous privions d'un point de chute constant et des avantages qu'il présente : la sécurité d'un lieu protégé par de puissant maléfice, un mieux où planifier des actions à long termes, et entreposer les objets nécessaires à notre objectif... La liste est longue mangemorts! Nous en avions un avant, mais un traître l'a vendu, il y a quinze an pour éviter Askaban. Karkarof. Il a payé, mais le mal était fait. Cependant, je nous ai trouvé un nouveau quartier général d'où nous préparerons et lancerons nos prochains assaut contre le gouvernement Scrimgeour. »

Le seigneur des ténèbres se tourna vers la sombre colline qui se détachait difficilement dans la brume grisâtre. Derrière s'élevait le l'agonie des vagues s'écrasant contre la falaise On pouvait percevoir quelques arbres obscures et inquiétants qui s'élevaient déchirant la nimbe poisseuse de leurs ramures affûtées. Des Saules pleuraient au vent. De leurs feuilles s'élevaient, portée par les embruns, une mélodie nostalgique célébrant un soleil oublié.

Le jeune Nott sentit une bourrasque glacée, chargée d'odeurs iodées, s'immiscer dans sa cape. Le vent se levait pour de bon. La magie se réveillait, crépitant presque autour des mangemorts. Lord Voldemort allait leur faire une démonstration de ses pouvoirs tant redoutés.

Il reprit la parole, sa voix leur parvenait avec une clarté surnaturel, traversant le mugissement désormais assourdissant, du vent qui se faisait tempête.

« Ce lieu, c'est ici qu'il se trouve »

paysage tourmenté sous le vent

La lande perdue était maintenant en proie à la tourmente des airs déchirés. Les capes claquaient, telles d'immenses ailes noires tentant de prendre leur envol. L'océan proche rugissait, clamant sa colère de voir des étrangers sur la Lande. Les arbres se tordaient sous les changements de pressions beaucoup trop brusques, lançant la plainte macabre de bois malmené aux oreilles de Nott. Et Voldemort se tenait au centre, droit, épargné par le déchaînement des éléments que provoquait cette trop forte concentrations de magie, d'énergie. Le mage noir leva sa baguette, indifférent à la tempête qui les enserrait dans son mortel étau. Il esquissa dans l'air chargé des arabesques d'une complexité extrême. Le vent émis un dernier hurlement et abandonna. Le calme retomba. Un château d'acier obscur venait d'apparaître sur la colline solitaire. Les brumes s'écartaient pour laisser les mangemorts entrer.

« De puissantes et anciennes protections sont ici à l'oeuvre. Le vent est gardien de ce lieu. S'il sent la présence d'intrus, il s'emporte graduellement : d'une bise légère il deviendra rafale puis tornade. Lorsqu'il atteint son dernier degrés de colère nul être vivant ne peut lui échapper, en dehors des arbres, qui seuls sont tolérés. Car voici l'antique forteresse de Sirgouïn (un murmure s'échappa des mangemorts les plus érudits, mi-admiratifs, mi-terrifiés). La première chose à faire lorsque nous rentrerons dans le château sera de gagner les cryptes. Là, se trouve la gemme de jade, l'esprit du gardien vous reconnaîtra et à l'avenir vous pourrez transplaner sur la plaine sans être inquiétés. Suivez-moi et découvrez votre nouvelle demeure. »

Les mangemorts avancèrent sur le chemin herbeux menant jusqu'aux lourdes portes de pin, bardées d'aciers noirs. Des pointes acérées s'élevaient, prêtes à empaler des guerriers assez fous pour s'y attaquer. Les battants basculèrent autorisant ainsi l'entrée aux sorciers et dévoilant le fort.

Eh voilà, c'est tout pour cette semaine!

Note 1 La maladie qui a exterminé les ormes européens, la graphiose, est due à un insecte ravageur, le scolyte, creusant des galeries sous l'écorce de l'arbre qui peuvent rappeler une écriture, d'où le nom de la maladie. Surtout cet insecte, probablement importé d'Asie par le commerce des bois tropicaux, infecte l'arbre avec des champignons qui occultent les canaux de circulation de la sève, l'arbre étouffe et se deseche. Il est probable que le sort de protection antiparasite faisait appel soit à une bactérie thurengesis mutante mortelle pour le scolyte, ou à la protection d'une guêpe pondant ses oeufs dans les larves de scolyte. Les larves de guêpe les dévorent alors de l'intérieur, vivantes. Un tel sort est plus économe en énergie et plus cruel pour le parasite qu'un simple sort d'extermination. Il devait donc avoir plus facilement la faveur d'un mangemort.

Note 2 À vote avis, à quel livre génialissime fais-je référence?