Chapitre 4 : rencontre sur l'allée des Embrumes

Ginny fut réveillée par un délicat rayon de soleil matinal qui lui caressait la joue. Elle se leva sans attendre, le coeur joyeux. Certes la raison de sa bonne humeur était puérile et égoïste, toujours était-il que ce matin la gaieté l'envahissait et cela pour une raison très simple : le jeune homme qu'elle aimait, Harry Potter, et qui l'aimait aussi en retour même s'il avait souhaité leur séparation à cause d'un maudit mage noir, était de retour. Elle espérait pouvoir être à ses côtés au moins durant une semaine, c'est à dire jusqu'au mariage de son frère Bill avec Fleur, alias Mlle Delacour championne de l'école de Beauxbattons. Telle était la petite Ginevra Weasley, un soupçon de fleur bleue arrosée de beaucoup d'optimisme et de joie de vivre. Sa philosophie était d'accepter ce que la vie lui apportait et de savourer le moindre de ses cadeaux. Harry serait là pour une semaine. Et après ? Elle préférait ne pas y songer et se concentrer sur l'instant présent. Pour en profiter sans le gâter par d'inutiles soucis mais aussi pour éviter de rater une marche lorsque l'on descend les escaliers en pensant à son ami comme elle venait de manquer le faire. Ginny se rattrapa de justesse mais se cogna contre le mur et s'érafla la main contre une aspérité du mur (ah les vielles maisons !), puis elle décida de faire plus attention où elle mettait ses pieds de rêveuse et arriva dans la cuisine où étaient déjà attablés le trio ainsi que ses parents. Elle se demanda à quelle heure était arrivé son père mais à voir les cernes qui lui mangeaient les yeux il était clair qu'il avait peu dormi.

- Bonjour tout le monde ! s'exclama-t-elle joyeusement.

Elle reçut quelques « salut » ensommeillés puis alla s'asseoir à coté de Harry, en face d'Hermione.

« Bien, commença Mr Weasley, comme tout le monde est présent je vais pouvoir vous informer du programme des prochains jours. Aujourd'hui Harry a rendez-vous à 11h00 au ministère pour passer son permis, aussi Remus et Tonks arriveront au Terrier vers 10h00 pour nous escorter sur le chemin de Traverse. Ensuite nous en profiterons pour acheter les fournitures scolaires de chacun (son regard se fit insistant sur Harry qui parut mal à l'aise. Ginny devina qu'ils avaient déjà abordé ce sujet épineux), Scrimgeour ayant fait preuve d'intelligence, une fois n'est pas coutume, en laissant Poudlard ouvert. Enfin nous irons au QG de l'ordre, sur ce point je ne peux vous en dire plus. Bill se marie le samedi 3 août, nous irons le rejoindre en France peu de temps avant, mais pour des questions de sécurité, la date du voyage n'est pas encore fixée.

- Papa, l'interrompis Ron.

- Oui ?

- Ça te va pas d'avoir l'air sérieux.

- Je te remercie pour ta critique fils. Au moins j'aurais essayé. En attendant, tâchez d'être prêts dans (il regarda sa montre) une demi-heure. »

En effet il était 9h30.

Ils eurent tôt fait de venir à bout des tartines beurrées et remontèrent dans leur chambres afin de terminer de se préparer.

Ginny se tenait debout depuis cinq bonnes minutes devant l'ancienne chambre des jumeaux qu'occupait actuellement le jeune Potter lorsque ce dernier ouvrit.

« Euh, Ginny que fait-tu là ? demanda le jeune homme autant embarrassé que surpris.

- Je suis venue te voir, je veux te parler seule à seul.

- C'est à dire que...

- Tu as bien cinq minutes à consacrer à ton ex ! le coupa la benjamine Weasley.

- Je n'ai pas le choix, soupira Harry qui visiblement aurait souhaité l'éviter. Que veux-tu?

- Que comptes-tu faire l'an prochain ?

- Je n'en sais rien, avoua-t-il. Au début je pensais qu'il me fallait partir trouver un moyen de vaincre Voldemort, mais ce matin ton père et moi avons parlé de mon départ. Il a insisté sur l'importance de finir ses études et moi sur celle d'agir au plus vite. Je crois qu'à la rentrée je retournerai au château, mais je ne sais pas si je vais y rester.

- Et nous ? Tu sais, Harry, je suis moi aussi une gryff, ce n'est pas le courage qui me manque. Je t'ai accompagné au ministère et s'il le fallait je n'hésiterais pas à te suivre jusqu'au repère de Voldemort. »

Ce nom elle le prononçait sans hésitation. Plus maintenant. Lors de sa première année elle avait souffert par la faute du souvenir laissé par le mage noir dans un journal, mais loin de la détruire cela l'avait rendue plus forte : elle connaissait Jedusor mieux que quiconque, son histoire, son enfance jusqu'à ses 17 ans. Être fleur bleue n'implique pas forcement être dénuée de cette flamme qui habite ceux qui se battent pour une cause qui leur semble juste. Bien sûr elle craignait Voldemort, seul un être suicidaire ne le craindrait pas. Mais ce n'était pas de cette peur quasi-religieuse que cultivaient bon nombre de ses aînés, qui en faisait un tabou. Dumbledore était mort, mais sans le concours réel du mage noir. Plus le temps passait, plus elle se disait que ce n'était pas lui qu'il fallait craindre mais les mangemorts et le fanatisme qui les habitait.

Harry lui fit un sourire qui se voulait confiant, rassurant mais qui sonnait si faux.

« Je n'en doute pas. Cependant il faut que l'on reste séparé, je ne veux pas que Voldemort te fasse du mal par ma faute. Il veut me détruire et fera tout ce qu'il peut pour m'atteindre. Si jamais il apprend...

- Drago sait.

- Mais osera-t-il lui dire ?

- Cela pourrait l'aider à se faire bien voir, nous n'avons pas à nous cacher, il est trop tard maintenant. Ne serait-ce parce que je suis une Weasley je suis en danger. Le plus grand méfait de Voldemort est de nous enlever l'espoir d'un avenir meilleur. Ne le laissons pas gagner. Tes parents se sont mariés alors qu'il était à son apogée.

- Pour mourir parce que je suis né, répliqua amèrement le jeune Potter.

- Ils ont voulu vivre leur amour, ne pas se courber face aux ténèbres. C'est nous qui donnons tant de pouvoir à Voldemort, en le craignant. Tu nous disais qu'il ne fallait pas avoir peur de prononcer son nom. Et bien moi j'ajoute qu'il ne faut pas se priver de vivre pour ses beaux yeux.

Tu sais à quoi il me fait penser ? À un épouvantard, oui parfaitement, il utilise nos peurs, celle de l'étranger, du moldu. Alors pour le vaincre commençons par le ridiculiser lorsque l'on en parle au lieu de le craindre. On pourrait l'appeler, euh... Voldy ?

- Ou Tommy ? pouffa Harry en imaginant la stupéfaction que cela pourrait provoquer sur le visage serpentin de Jedusor. Tu as peut-être raison, peut-être que plus de sorciers nous rejoindraient si on commençait à oser se moquer de lui. Il fut trop longtemps un sujet tabou. On en parlera à l'ordre, après tout c'est une bonne idée. L'opinion publique est trop négligée dans ce combat.

- On pourrait faire circuler des tracts, fit une voix à l'entrée. »

Ron et Hermione se trouvaient dans l'embrasure de la porte.

« Vous êtes là depuis longtemps? demanda Ginny qui rougissait à vue d'oeil.

- Non. En fait si. On passait et on a entendu des voix et... commença Ron.

- Et monsieur le grand frère s'est arrêté pour s'assurer que sa soeur ne faisait rien... poursuivit Hermione.

- Ron ! s'écrièrent indignés les deux amoureux.

- N'empêche c'est une bonne idée d'utiliser l'humour, s'empressa de dire le jeune Weasley pour changer de sujet. »

Finalement, à l'heure dite tous se trouvaient face à la cheminé par laquelle arrivèrent les deux membres de l'ordre.

« Harry, s'exclama Nymphedora Tonks avec bonne humeur, joyeux anniversaire ! »

La jeune femme était une brillante auror au menton volontaire et au cheveux bleu turquoise (enfin pour l'instant) coiffés en hérisson. Elle avait révélé, le mois précédent, ses sentiments pour Remus Lupin, son coéquipier, loup-garou à ses heures, enseignant à d'autres.

« Joyeux anniversaire, dit joyeusement le loup-garou. Puis changeant de sujet : Tonks passera en premier, puis Arthur, Ron, Harry, Hermione, Ginny et je fermerai la marche. Et surtout ouvrez l'oeil, V... Voldemort peut agir n'importe quand, même si pour l'heure le Lord ne se montre pas.

- Faut l'appeler Voldy, fit Ginny.

- On vous expliquera, continua Hermione devant l'air perplexe des adultes.

- Je me demande ce que vous avez encore inventé, marmonna Tonks avant de prononcer l'adresse et de disparaître par la cheminé. »

Lorsque se fut à son tour, Harry se retourna et embrassa sa petite amie qui n'eut alors plus rien à envier aux tomates. Hermione passa, puis Ginny qui bafouilla quelque chose ressemblant à « allée de traverse ».

Naturellement, la benjamine Weasley n'apparut pas au lieu espéré, le chaudron baveur, porte d'entrée du chemin de Traverse. En vérité, elle venait d'atterrir dans une boutique, enfin cela semblait plus être une décharge qu'un magasin, miteuse et poussiéreuse, couverte d'étagères présentant des marchandises à la limite (mais de quel coté ?) de la légalité : des grimoires aux noms effrayants (« De l'art de créer des inferi, goules et autres morts-vivant » de Albert Moraurat, « Danse avec les loups-garou » de John Tomahawk., « Le sorcier qui murmurait à l'oreille des détraqueurs » de Roger P.T.Incable), des objets inquiétants (un oeil qui semblait fixer Ginny, une ceinture en peau de basilic, des griffes d'acier, une bestiole jaune rayé d'orange avec des oreilles de lapin à pointe noire portant la mention haut-voltage, un objet cylindrique argenté d'une vingtaine de centimètres, une camisole pour l'auteur... quoi ?). Le plus étrange pour Ginny c'est que cet endroit avait quelque chose déjà vu, de familier...

- Qui est là ? grinça une voix venant de l'arrière boutique.

Un vieil homme avachi, aux cheveux huileux fit son entrée. La jeune Weasley le reconnut à son grand étonnement : Mr Barjow. Elle se rappela qu'il y a quelques année, Harry avait lui aussi eu la même mésaventure : se retrouver chez Barjow et Beurk au lieu du chaudron baveur. À voir l'air peu étonné du vendeur lorsqu'il aperçut la jeune fille, ce genre d'accident devait être assez fréquents.

- Pour le chemin de traverse, sort et prend à droite, puis poursuis tout droit, grommela le vieillard.

Il repartit en marmonnant quelque chose ressemblant à « maudit réseau, faut que je change de numéro ».

Ginny ne se fit pas prier et s'empressa de suivre les instructions de l'ex-employeur de Tom Jedusor, trop désireuse de quitter ce lieu malsain. Elle se précipita vers la sortie sans se rendre compte qu'il y avait une autre personne dans le magasin qui l'observait avec attention.

On lui avait raconté que l'allée des Embrumes était la partie la plus lugubre et la plus mal-famée de toute l'Angleterre (en dehors des repères de mangemorts, vampires, loups-garou, ixilik... bon finalement ça va). Aujourd'hui Ginny se disait que c'était atrocement vrai. Ce quartier se constituait d'une rue principale bien trop étroite, dont les bâtiments branlants de par leur hauteur empêchaient le moindre rayon de soleil de passer, la plongeant dans une obscurité inquiétant et dangereuse, et de ruelles perpendiculaires, véritable coupes-gorges pour sorciers égarés. Le pavage fatigué disparaissait sous une substance fangeuse. La jeune Weasley se dit qu'il vallait mieux ne pas savoir de quoi elle se constituait.

Ginny marcha d'un pas décidé vers la lueur salvatrice provenant du bout de l'allée, tentant d'ignorer les regards méprisants que lui envoyaient les passants, passa l'air de rien devant une venelle peu avenante et se retrouva en moins de temps qu'il ne faut pour le dire (et l'écrire) plaquée contre le mur par deux humanoïdes particulièrement hideux. Ces derniers, d'une hauteur avoisinant le mètre soixante-dix, semblaient être issus du croisement improbable d'un géant des cavernes avec un nain des montagnes tant ils étaient difformes et sans logique d'organisation dans leur anatomie : des jambes de crevette supportaient un torse massif en tonneau auquel se rattachaient deux appendices courtauds terminés par des mains faisant penser à des planches à pain. Leur face n'était pas en reste dans cet assemblage de bric et de broc. Si l'on n'y prêtait garde, on aurait pu croire qu'il s'agissait de melon dont la moitié inférieure disparaissait sous une épaisse barbe noire aux reflets roux avec une excroissance en guise de tarin et deux obsidiennes incrustées jouaient le rôle de globe oculaire.

Si Ginny à cet instant ne craignait pas tant pour sa vie elle aurait sans l'ombre d'un doute cédé à l'hilarité. Cependant dans ce cas présent c'était à la panique qu'elle allait céder et ce n'est qu'en faisant appel au légendaire courage des gryffondors qu'elle tint bon. À moins que ce ne soit parce qu'elle venait de s'apercevoir que les deux êtres difformes ne lui voulaient aucun mal. En effet ils la regardaient avec attention mais sans méchanceté, comme s'ils essayaient de l'identifier, de s'assurer qu'elle était bien la personne recherchée. Le plus petit, qui paraissait aussi être le plus jeune, renifla les cheveux roux de Ginny, qui retint une grimace de dégoût lorsqu'elle vit les mains crasseuses se poser sur sa chevelure ambrée, puis il déclara d'une voix rocailleuse :

« C'est elle, Marlousk, c'est la copine de Potter.

- T'en es sûr Tirog, grinça son compagnon.

- Certain, elle porte encore son odeur.

L'aîné fixa soupçonneux la petite Weasley qui n'était pas vraiment rassurée.

- Ton nom? Demanda-t-il.

- Ginny Weasley, que voulez-vous ?

Tirog acquiesça.

- Tu vois, c'est bien elle.

- Mouais, fit l'autre peu convaincu, on a un message pour Harry Potter en personne, faut qu'on le voit.

- MARLOUSK ! TIROG ! cessez d'importuner cette jeune fille.

Un homme de grande taille, large d'épaule bien qu'un peu maigre venait d'arriver à l'entrée du coupe-gorge, baguette pointée sur les deux étranges créatures qui furent saisies d'une crainte révérencieuse.

- On ne faisait rien de mal, Shwalbe, on voulait juste lui dire bonjour, répondit Marlousk.

- À d'autres, fichez le camp avant que je ne change d'avis !

Il n'eut pas à le répéter deux fois, les deux nains gigantesci (c'est le nom que leur avait donné mentalement Ginny) filèrent sans demander leur reste.

- Ça va ? s'enquit le mystérieux sorcier.

Ginny acquiesça timidement.

- Ils ne sont pas méchants, mais mieux vaut se méfier de ces deux-là expliqua-t-il. Tu as eu de la chance que je passe par là, il est très imprudent de se trouver seule ici, fillette.

- C'est à cause de la poudre de cheminette, se défendit Ginny.

- Peu importe la cause, le fait est que tu es ici. Aller, viens je te ramène au chemin de Traverse.

Ginny le détailla plus amplement, maintenant que la luminosité le permettait. La trentaine légèrement passée et encore très séduisant, il possédait une épaisse tignasse blonde, des yeux bleus pétillant de malice sur un visage tanné par une longue exposition au soleil. Il portait un solide pourpoint en peau de dragon par dessus un pantalon de toile épaisse ; Ginny supposa qu'il faisait partie de ces aventuriers qui parcouraient les lieux dangereux à la recherche de reliques anciennes, d'exploits fabuleux (et surtout d'une mort précoce). Le sorcier la laissa devant le chaudron baveur où elle retrouva ses amis morts d'inquiétude.

« Ginny! s'exclama le jeune Potter, Que s'est-il passé ? Je...

- Rien de grave, le coupa la jeune fille qui ne voulait pas que son petit ami s'inquiète, la même chose que toi il y a 5 ans. Tu vois ce n'est rien, juste un accident. »

Cependant elle se jura mentalement de tout lui raconter en détail, lorsqu'ils seraient au calme,. Trop de personnes pouvaient entendre ici.

« Hum, il faudra faire quelque chose pour cette histoire de cheminette, cela pourrait avoir des conséquences fâcheuses un jour, déclara le père Weasley, j'en parlerai au bureau. »

Harry passa son permis sans anicroche, ce n'était pour lui qu'une simple formalité, puisqu'il maîtrisait déjà le transplanage d'escorte. Ensuite ils allèrent à Gringott retirer de quoi acheter des fournitures pour l'année scolaire à venir. Il nota que les gobelins semblaient particulièrement nerveux, allant jusqu'à exiger le dépôt de baguette à l'entrée. Peut-être craignaient-il une attaque des mangemorts ? Après réflexion, Harry balaya cette hypothèse, l'argent n'intéressait pas Voldemort et la plupart de ses serviteurs, issus d'anciennes familles de sorciers particulièrement fortunées, y conservaient leur or comme tout un chacun. La neutralité des gobelins dans les conflits affectant les sorciers étaient un de leurs principes fondamentaux, enfin après s'être révoltés -- pensées émues pour les cours (et siestes) de Mr Binns. Cependant, Voldemort s'était déjà attaqué à la banque, il y a six ans, pour obtenir la pierre philosophale. Heureusement, Hagrid le demi-géant garde-chasse de Poudlard, récemment promu professeur de soins aux créatures magiques, l'avait récupérée peu de temps auparavant. Ce pouvait-il qu'il y ait ... ? Il ferait part des ses observations à ses amis ce soir.

En sortant de l'établissement bancaire Ron s'arrêta un instant en fixant un pilier.

« Qu'y a-t-il s'enquit Hermione.

- Rien, j'ai juste cru voir un rat. »

Le reste de la journée se déroula sans incident notoire. Le chemin de traverse était presque aussi vivant que lors de la première visite de Harry. Une peuplade colorée circulait tranquillement le long d'échoppes insolites, flânant doucement par cette douce journée d'été, tentant d'oublier l'épée de Damoclès que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom incarnait. Il fallait continuer à vivre, jusqu'à ce qu'un jour on soit retrouvé massacré avec le reste de sa famille, une tête de mort vomissant un serpent flottant au dessus du foyer dévasté. Mais l'homme est ainsi fait, il n'aime pas l'inquiétude, il a tôt fait d'oublier les plaies de ce monde, les guerres, les épidémies, le temps d'un divertissement : un championnat de quidditch, une course de tapis volants (un des rares domaines où ils sont encore autorisés)... Les mangemorts ne s'étaient plus manifestés depuis l'assassinat de Dumbledore, il y avait eu le tour d'Angleterre en motos volantes alors...

Arthur Weasley passa devant le magasin de ses fils, Fred et Georges ; il était fermé et il savait pourquoi. Il était fier de ses fils : ils gagnaient leur vie à présent, grâce à leur domaine de prédilection : les farces et attrapes. Aujourd'hui, ils étaient membres à part entière de l'Ordre.

Le petit groupe passa chez Mrs Guipure, pour renouveler la garde-robe d'enfants qui n'en étaient plus, chez Fleury et Bott pour les manuels scolaires...

Le magasin de Mr Ollivander était toujours clos, on n'avait pas revu le vieux fabricant de baguettes magiques qui avait disparu il y a plus d'un an. Avait-il été enlevé ? On n'avait pas relevé de trace de lutte.

Enfin, il fallut partir pour le plus grand soulagement de Mr Weasley. Il était dangereux pour Harry de se trouver en pleine rue, avec un mage noir qui voulait sa mort. Arthur, Rémus et Tonks était constamment sur leur garde, il aurait été si aisé pour Voldemort de fomenter une embuscade. Mais elle ne vint pas. Le père de famille ramena les enfants au chaudron baveur où il les informa de leur prochaine destination : Square Grimmaurd.

Tapis dans l'ombre une personne avait aussi entendu où ils allaient. Elle n'était là que par hasard, mais cela faisait son affaire. Ainsi, elle pourrait prouver sa loyauté au seigneur des ténèbres. Théodore Nott transplana satisfait.