Chapitre 10 : Un étrange cours de DCFM

Le quatuor se dirigeait vers la salle que l'on avait assignée aux cours d'été.

Ginny jeta un coup d'oeil furtif à Harry. Il avait l'air tendu, préoccupé. Comment ne pas l'être lorsque, la veille au soir, le seigneur des ténèbres a puisé dans votre potentiel magique pour combattre une figure maléfique?

La jeune fille avait elle aussi senti la présence de Voldemort à travers le lien, sa signature énergétique. Mais sa perception du phénomène s'était arrêtée là. Elle n'avait que perçut les perturbations magiques induite par le transfert. Ron et Hermione, eux n'y avaient pas été sensibles, comme isolés.

Ils n'en avaient pas reparlé depuis lors, et surtout ils n'en avaient pas informé les adultes. Pourquoi? Le jeune Potter s'y opposait. Il ne voulait pas accroître l'inquiétude et la surveillance dont il faisait déjà l'objet. Cela ne serait d'aucune utilité selon lui. Pire, Jedusor se douterait alors que quelque chose se fut produit, quelque chose en rapport avec lui et Harry -Ginny et son petit ami était convaincu que l'actuel seigneur des ténèbres n'avait pas eu conscience, pour des raisons qu'ils ne s'expliquaient pas, d'avoir drainé de l'énergie à son ennemi- et le survivant serait gêné dans sa mission. Cependant une idée leur avait à tous traversé l'esprit : si Voldemort pouvait voler de l'énergie à Harry, l'inverse devait aussi être vrai...

Shwalbe les attendait dans la pièce, droit et souriant. La salle de classe -elle en faisait désormais l'office- était en réalité une ancienne chambre dont on avait retiré l'ameublement. Petite et claire, un plancher vermoulu que l'on avait traité de frais afin d'éviter un effondrement fortuit, elle avait pour unique ornement une bibliothèque à moitié vide et quelques cousins disposés sur un tapis destiné à accueillir enseignants et apprenants.

"Bienvenue mes jeunes amis, les salua Shwalbe d'une voix légère.

Il avait de nouveau l'attitude de l'enseignant bellâtre, avec des mimiques dont Locleart aurait été fier. C'était d'un ridicule. Ginny se demanda pour quelle raison agissait-il ainsi.

Ils répondirent poliment mais froidement au salut, puis tous s'installèrent en cercle sur les coussins.

"Bien, je pense que nous pouvons commencer" déclara Shwalbe.

Son attitude changea brusquement, à la surprise des jeunes gens. Il quitta ses manières efféminées et ridicules pour redevenir l'aventurier solitaire que Ginny avait croisé la veille. Cela faisait un curieux contraste : un homme au visage tanné par le soleil, le regard sûr et le port désinvolte dans un costume de Dandy.

"Pourquoi jouiez-vous la comédie?" Demanda Ron avec son tact légendaire. Hermione leva les yeux au ciel avec l'air de celles qui se sont résignées.

"Minerva m'avait dit que tu avais tendance à mettre les pieds dans le plat, constata Shwalbe amusé. Je vois qu'elle m'avait dit juste.

-C'est que... bafouilla le jeune homme qui faisait une fois encore la démonstration de l'aptitude remarquable des Weasley à rougir.

L'enseignant balaya l'air de la main.

"Ce n'est pas forcement une tare. Cela permet parfois de dire tout haut ce que les gens pensent tout bas, clarifiant ainsi de nombreuses situations. Tu en as même fait la démonstration hier, lors de la réunion.

-Ah bon?

-Oui, insista Shwalbe, tu as suggéré qu'il pouvait y avoir un autre mage noir que Voldemort..."

Il laissa sa phrase en suspens. Harry tiqua.

"Vous en pensez quoi pour l'instant?

-Pas grand chose, pour l'instant. Cependant certaines rumeurs font état d'un nouveau meneur chez les Ixilik. De là à dire qu'il soit mage...

-Un Ixilik?

Shwalbe s'aperçut que ses élèves le regardait avec étonnement. Il poussa un soupir.

"Je suppose que vous ne savez pas ce qu'est un ixil ou même un magicien en général. Je m'attendais à des lacunes dans ce domaine, mais au lieu de lacunes je trouve un néant d'ignorance.

-Ce n'est pas un sorcier? fit Hermione très légèrement vexée.

-Oui et non. Un sorcier est un magicien, mais l'inverse n'est pas forcement vrai.

-Il existe donc des magiciens qui ne sont pas sorcier, en conclut la jeune fille.

-Oui. Les ixilik, les nisrines et une pléthore de minorité plus ou moins considérées comme magicienne. En fait, un magicien est un homme qui interagit consciemment avec la magie. En cela, seuls les moldus, qui représentent pourtant la majorité des hommes vivants sur Terre, ne sont pas magiciens.

-Parce qu'il ne peuvent agir sur magie, supposa Harry.

-Non, ils perturbent la magie, comme toute créature, mais n'en ont pas conscience. Là encore, il faut être précis sur les termes employés. Je n'aime guère celui de magie, il est trop ambigu. On a tendance à appeler magie tout et son contraire. Ceux que l'on voit, que l'on sent, mais que l'on ne comprend pas. L'expression "comme par magie" en usage chez sorciers et moldus en est le parfait exemple. Mais lorsque nous pratiquons la magie, nous perturbons sur un champ immatériel communément appelé magie, sorcellerie ou Nisir. Nisir est, expliqua-t-il, le terme employé par les Ixilik pour parler de l'entité magie.

-L'entité? Releva Ginny

-Ils considèrent que derrière ce phénomène physique se cache en réalité une volonté intelligente qu'ils appellent Nisir.

-Vous parlez de physique, nota la jeune Weasley. N'est-ce pas un terme moldu?

-Non, la physique est universelle. C'est une science qui cherche à modéliser et comprendre le monde qui l'entoure. On a tendance à opposer magie et science. D'un certain point de vue c'est vrai, si l'on prend la magie dans son premier sens que j'ai défini. Mais la magie ou plutôt le Nisir, en tant que phénomène physique, objectif et mesurable tel que nous le pratiquons ne peut s'opposer à la science car ils ne font pas partie du même ensemble. Il ne sont pas comparables. La science permet de progresser en magie, en technologie moldu ou sorcière. On fait trop d'abus de langage qui mènent à la confusion. La magie peut pourtant être représentée, grâce à la physique, comme un champs que l'on peut voir comme analogue au champ électromagnétique. Cependant force est de remarquer qu'un modèle ne suffit pas. On doit aussi attribuer une dimension spirituelle à la magie.

-C'est pour cela que l'on parle de la multiplicité de la magie" compléta Hermione.

Shwalbe la regarda, visiblement impressionné. Il ne devait pas s'attendre à ce que l'un de ses élèves connaissent cela.

"En effet, confirma-t-il. Tu mérites les éloges dont m'a fait part Minerva. Le Nisir a plusieurs aspects : ondulatoire, corpusculaire, spirituel... Mais je n'en dirai pas plus à ce sujet. Kingsley vous expliquera peut-être plus avant la nature du Nisir et comment on agit sur lui lorsque l'on jette un sort. Mais ce n'est pas ce que je dois vous enseigner. De toute façon c'est au programme des septièmes années. Non, avec moi, vous apprendrez à connaître les différents types de magiciens, leurs particularités et comment les combattre si besoin est...

-Mais à quoi cela nous servira-il? questionna Ron. Voldemort n'as que des serviteurs sorciers, il défend la pureté du sang.

-Quelle est la position des sorciers qui défendent cette idéologie profondément stupide face aux autres magiciens? demanda Harry, soudain plus présent.

-Mitigée, répondit Shwalbe. En général ils les placent sur le même plan que les sorciers, ou bien ils les considèrent comme des magiciens de seconde zone, car ne possédant pas de représentant véritable dans la majorité des gouvernements. Parfois ils sont vus comme des abérations de la nature.

-Des abérations?

-Qui peut dire ce qui pousse les hommes à en exclure d'autres sur des critères aussi arbitraires que la couleur de la peau ou l'aptitude à maîtriser la magie? Toujours est-il que les ixilik ont une place particulière chez les magiciens, de part leur proximité avec le Nisir. Tantôt ils sont vus comme le devenir de l'homme, tantôt comme des monstres qu'il faut à tout pris éradiquer. Évidement, il n'y a aucun fondement scientifique.

-Et Voldemort? s'enquit Hermione.

-Bonne question. Je suppose qu'il n'est pas préoccupé par les autres magicien, trop obnubilé par sa quête de pouvoir. Il doit les voir comme des obstacles ou comme des pions. Comme à peu prés tout les sorciers.

-Alors pourquoi n'y a-t-il pas d'ixilik parmi les mangemorts?

-Eh bien...

Shwalbe se tût, réfléchissant à ce qu'il allait dire. Ginny avait le sentiment qu'il avait dès le départ orienté la conversation vers le sujet l'intéressait : les magiciens et plus particulièrement les exiliez. Il est d'ailleurs à noter un curieux pluriel : le rajout e la terminaison -ik. Il menait ainsi un cours, de manière désinvolte et informel, mais un cours tout de même, où il enseignait, parlant calmement avec un léger accent allemand. Cependant son attitude changea, devint plus sérieuse, plus grave. La cadette Weasley songea que cela n'augurai rien de bon pour ce qui allait suivre.

« Les ixilik sont un sujet tabou, commença-t-il d'une voix plus sombre, dans laquelle l'accent se faisait presque inquiétant, insistant de manière inhabituelle sur certaines syllabes Votre génération n'a pas connu cela, ni même celle de vos parents. Cela remonte au temps où Grindelwald semait la terreur en Europe. Mage noir dont on ignore l'origine, il commença à sévir et à s'illustrer de manière morbide dès la fin des années vingts, en s'associant à un autrichien dont hélas nul, sorciers ou moldus, n'ignore le nom, Adolf Hittler. Je ne sais s'il avait un but autre le chaos et la mort. Il participa activement à l'holocauste, repoussant toujours plus loin les frontières de l'horreur et de l'inimaginable. Pourtant il marqua moins les esprit en Angleterre que Voldemort. Peut-être parce qu'il agissait surtout dans l'est de L'Europe et dans le Proche-Orient. Ou bien parce qu'il ne signait pas ses actes et ne cherchait se faire remarquer comme le mage noir actuel, la destruction seule l'intéressant. Là ou il sévissait, c'était par raid meurtrier sur les populations locales où les ixilik donnaient libre cours, dit-on, à leur folie sanguinaire. Car son armé se composait à moitié d'Ixila. Son bras droit, däém je crois, en était lui même un.

-Les ixilik sont-ils violents par nature? demanda Hermione mal à l'aise.

-Ils en ont la réputation. On dit qu'ils sont incontrôlables et qu'ils sèment la dévastation partout où ils passent. Il est vrai que les ixilik ont une certaine tendance à se laisser dominer par leurs émotions, mais ils ne sont pas fondamentalement mauvais comme le croient certains. Après que Dumbledore ait défait Grindelwald avec l'aide d'un de ses hommes dont on ignore le nom, le monde magique fut pris d'une rage meurtrière à l'encontre des ixilik. Certains ont tenté de les exterminer, poursuivant ce cercle insensé de haine. Profondément blessée, désorganisée, la population ixil est restée discrète, silencieuse. À l'origine déjà méfiants et peu enclin à se mêler aux autres -ixil signifie furtif en basque- (D'où le pluriel), ils se sont fait invisibles. Ils gardent en mémoire le massacre des leurs, de leurs parents. Aujourd'hui ce sont surtout des adolescents sans repère qui vivent en marge. Ils sont en proie à de nombreux fléaux : violence, drogue, maladie aussi. Parfois des bandes apparaissent et sèment le désordre autour d'elles. Jusqu'à ce que deux hordes se rencontrent. Il y alors souvent un affrontement qui se termine dans la sang.

-Personne ne leur vient en aide?

-Pas vraiment. Des Nisrines essayent, mais ils rencontrent de nombreux obstacles. Il existe un ordre : les gardiens de la vie, qui veille à ce qu'il ne se réorganisent pas. Ils attisent les querelles internes, menacent, tuent s'ils jugent cela nécessaire."

L'enseignant s'assombrit.

"Mais il semble qu'un meneur soit finalement apparu.

-N'est-ce pas une bonne chose? remarqua Ginny

-Un meneur, oui. Mais si les échos que j'ai reçu de celui-là sont vrais, Voldemort ne sera bientôt plus le seul à terroriser l'Europe.

-Peut-être sert-il Voldy?" suggéra Ron

Hermione hocha de la tête :

"Les ixilik seraient donc une cible facile pour un tyran. Persécutés, un certain penchant pour la violence... Pourquoi n'en a-on pas vus parmi les mangemorts?

-Pourquoi n'a-t-on pas vus d'autre magicien, quelque soit les circonstances ? rétorqua Ginny. Si je ne me trompe, nous avons dûs en croiser des dizaines de fois sur le Chemin de Traverse, à la coupe du monde de quidditch.

-Mais nous n'avons pas su les voir, comprit Harry. Nous les prenions pour des sorciers. Nous ne savions pas regarder, fit-il en repensant à ce que avait un jour dit un certain demi-géant à un jeune garçon un peu désorienté dans un nouveau monde.

-Exactement, confirma l'enseignant visiblement satisfait de l'esprit de déduction de ses élèves.

-Cependant, insista Hermione, cela n'explique pas pourquoi il n'y en a apparemment pas parmi les serviteurs de Voldemort, tous étant issue d'ancienne famille sorcière. Après tout un des ses prédécesseurs s'était déjà allié au ixilik.

Les regards se tournèrent vers Shwalbe, attendant la réponse.

"En vérité, commença ce dernier, l'association ixil-sorcier n'est pas neuve et l'histoire est marquée, en bien ou en mal, de magiciens puissants, voire de mages, fonctionnant binôme, égalitaire ou non, composé d'un ixil et d'un sorcier. De part leur approche différente de la magie, ils sont capables ensembles de réaliser de grandes et parfois terribles choses. Mais je crois que Grindelwald a irrémédiablement traumatisé les esprits et l'association sorcier-ixil est à présent tacitement proscrite. De là à dire que Voldemort respect cette loi implicite...

-Il est convaincu d'être supérieur au point de s'en passer" déclara Harry, se remémorant les discussions qu'il avait eu avec Dumbledore au sujet du mage noir.

Shwalbe acquiesça.

"Cette hypothèse me semble en effet plus crédible. Toujours est-il que je ne pense pas que B..ce meneur soit lié à Voldy.

-pourquoi ?"

Il haussa les épaules.

"Une intuition" répondit-il sur un ton qui signifiait que cela était une explication suffisante.

Le quatuor resta un moment silencieux, assimilant ce qu'il venait d'être dit. Ginny venait de découvrir, ou plutôt de redécouvrir, qu'il existait d'autres magiciens que les sorciers. Quel était l'avis de Voldemort, de Jedusor? Des sensations confuses l'envahissaient tour à tour : haine et mépris bien sûr, qui sont les sentiments de Voldemort à l'égard de tout homme ; mais aussi, quoi? De la culpabilité? Non. Elle devait se tromper.

"Voldemort a-t-il déjà était en contact avec des ixilik? Questionna la cadette Weasley

-Je ne sais pas, avoua Shwalbe. Probablement. Leur perception du Nisir étant différent de la notre, peut-être espérait-il trouver un moyen d'acquérir plus de pouvoir? D'autre part, il ne serait pas impossible qu'il ait rejoint Grindelwald peut avant sa chute.

-Dumbledore l'aurait-il su?

-Je crois que oui.

-Fréquentait-il des ixilik ? demanda Harry.

Shwalbe marqua un temps, visiblement représentant le besoin de réfléchir à sa réponse.

"Je ne peut vous répondre".

Ce fut alors au tour de Hermione de poser une question.

"Et vous, connaissez-vous des Ixilik?"

L'aventurier prit alors un air légèrement rêveur, ses yeux bleus se perdant un instant dans le vide. Un imperceptible sourire se dessina sur ses lèvres.

"Connaître est un bien grand mot, finit-il par dire. Un ixil ne vous livre pas ainsi son identité. Ils sont tellement... je ne sais pas protecteur vis à vis de leur identité. Jamais il ne vous diront leur nom de naissance ou bien ne vous raconteront leur vie, à moins qu'il ait un très grande confiance en vous. Tenter de pénétrer leur secret relève du suicide. Et je gage que même Voldemort ne si risquerait pas...

-Mais il vous est arrivé d'en côtoyer, n'est-ce pas? Ils vous semblent familiers, nota Ginny.

-Cela arrive, lorsque l'on a tendance à fréquenté des endroits peu recommandables...

-Pourra-t-on en rencontrer? insista Ginny qui n'en démordait pas.

Shwalbe eu l'air un peu gêné.

"Je crains que cela ne soit impossible.

-Pourquoi? demanda Ron.

-Eh bien, disons que depuis quelques temps je suis en situation délicate par rapport à eux...

Je n'ai pas encore le titre pour le prochain chapite, mais j'ai déjà une page et demis et je le sens bien. Mon plan et construit jusqu'au chapitre 22. Le mariage commencera le 14 je crois. Le 16, 17 et 22 connatrons pas mal d'actions.