Sud Ouest 11 janvier 2008.
Bordeaux.
L'auditoire est ressorti groggy de sa rencontre avec Jean Marc Jancovici, l'un des meilleurs spécialistes des émissions à effet de serre, dont le franc parler dérange.
« Je ne suis pas sûr de devoir vous souhaiter une bonne année... Enfin, je vais le faire quand même parce que c'est l'usage, malgré la conférence qui suit ».
Drôle d'entrée en matière... Mais effectivement, au fil des informations claires et convaincantes, exposées hier soir par Jean Marc Jancovici, les sièges de l'Athénée municipal sont devenus de moins en moins confortables...
Grâce à elles, on peut se payer l'équivalent de cent esclaves mécaniques à temps complet pour nous nourrir, nous loger ou nous divertir : voiture, machine à laver, chauffage, achat de produits manufacturés, autant de biens qui ont nécessité de l'énergie pour être transformés.
« Nietzsche voulait des surhommes, nous voilà ! L'énergie fossile coûte mille fois moins cher que le travail d'un humain », explique l'ingénieur conseil, par ailleurs inventeur du bilan carbone, un outil aujourd'hui largement utilisé et promu par l'Ademe, l'agence française indépendante de l'environnement.
Chacun le sait, le stock de matière première (qui compose la planète Terre) n'est pas infini. Et la hausse de la consommation en énergie fossile est bientôt terminée.
Pendant combien de temps pourrons nous continuer à jouer à "j'extrais des énergies fossiles de la terre "et "je rejette du CO² dans l'atmosphère" ?
Dans cinq à dix ans, grand maximum, la consommation de pétrole va diminuer, et ce serait vraiment une très mauvaise idée de se rabattre sur le charbon.
D'abord parce que nous payerions très cher la facture climatique. Ensuite parce que 85 % des ressources de charbon se trouvent dans six pays, à commencer par les États Unis, puis la Russie. Cela m'étonnerait qu'ils soient très partageurs dans un contexte de pénurie ».
Jean Marc Jancovici n'a eu de cesse de mettre en relation croissance (et son acolyte le pouvoir d'achat), avec consommation d'énergie fossile à bas coût.
« Pendant les Trente glorieuses, on observe que les deux courbes croissent plus fortement simultanément. Consommation d'énergie et croissance sont multipliées par trois ».
Que va-t-il se passer quand la courbe de consommation des énergies fossiles va diminuer ?
Pour Jean Marc Jancovici, la récession socio économique est inéluctable. « Il n'existe pas de monde où la production de pétrole baisse et où la consommation augmente ».
La réaction de l'auditoire a été immédiate : « On est sous le choc ! Ce que vous nous avez présenté est grave. Je pense aux conséquences sociales et aux inégalités que cela va entraîner. Il est urgent d'investir le peu d'énergie et d'argent qu'ils nous restent dans des projets de vie pour demain ! », lance un auditeur, à l'issu de l'exposé.
« Le débat sur les 35 heures n'a absolument aucun intérêt du point de vue du système physique que représente la Terre et dont le système économique n'est qu'une composante. Tous nos acquis sociaux sont des sous produits de l'énergie à bas prix ». Plus d'énergie bon marché et les avantages sociaux s'effondrent.
« Concrètement, pour parvenir aux objectifs de réduction des missions de gaz à effet de serre, faut-il revenir au niveau de vie de nos grands parents ? ou de nos parents ? », demande un Bordelais.
« Il faudrait rapidement revenir aux émissions d'un Français des années 60, ce n'est pas non plus le Moyen Âge ! Rappelez vous qu'il y a trente ans, la voiture pour monsieur et madame tout le monde n'existait pas».
C'est donc un coup d'arrêt à la société de consommation que prône Jean Marc Jancovici, alors que la rue Sainte Catherine grouille d'acheteurs à l'affût en ce début de soldes.
« Il faut se mettre au régime. Taxer l'énergie, c'est la seule manière d'y arriver en douceur, avant que nous ne soyons confrontés à de très désagréables surprises, d'abord économiques, puis climatiques ».
« Vous posez le problème de l'acceptabilité politique de ce que vous énoncez. Que peut-on faire comprendre aux gens et que peuvent-ils accepter ? », s'interroge Alain Juppé, assidu au débat.
« La prise de conscience des gens sera déterminante dans le changement des comportements. C'est pourquoi, il faut informer. Tel est le rôle de prophète de malheur comme moi, a répondu en substance Jean Marc Jancovici. Mais à la fin, c'est à chacun de prendre ses responsabilités ».
Priska Duc½urjoly.
Texte optenu par la lettre Nouvelles de la valée du Ciron
le site de Jean-Marc Jancovici http://www.manicore.com/
Je propose des solution depuis plusieurs années que j'essaye de mettre en oeuvre chez moi.
http://www.predoenea.org/ecologie/indexecolo.html
ou :
http://www.predoenea.org/spip/spip.php?article12
En fait la seule attitude raisonnable consiste à ne consommer que l'énergie, et les ressources que nous serions capables de produire en un an. Il nous faut donc développer les énergies renouvelables, éolien, photovoltaïque, hydraulique, biomasse, et adapter nos consommations à notre production.
Sinon, nous vivons d'expédients de manière irresponsable.
C'est maintenant qu'il faut agir, car pour mettre en place ces équipements, il faut bien une dizaine d'années.